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Observatoire des Changements Climatiques
et de leurs Impacts sur le Développement
et les Sociétés en Algérie
 

Cérénomie de lancement
1er Atelier Obs-CC
Workshop Changements Climatiques
Workshop Dimension Economique & Sociale
Journée - Bilan de la 1ère année
 

 

Synthèse du 3ème Workshop de l'Observatoire
Dimension Économique & Sociale
des Changements Climatiques en Algérie

Oran, les 28 & 29 Juin 2005



Préambule - Justification - Objectifs & Outputs - Programme - Synthèse & Recommandations

Préambule

      Un workshop a réuni les 28-29 juin 2005 à Oran une quarantaine de participants appartenant à diverses institutions en Algérie: Ministère de l’Énergie et des Mines, Sonatrach, Agence de Promotion et de Rationalisation de l’Utilisation de l’Énergie (APRUE), NAFTAL, Agence Nationale des Ressources Hydriques, Agence Spatiale Algérienne, Office National de la Météorologie, Université d’Oran Es-Sénia, Sociétés d’assurances, Haut Commissariat au Développement de la Steppe.

      Cette rencontre vient clôturer une série de trois workshops organisés par l’Observatoire des Changements Climatiques. Le premier avait concerné la communauté des éducateurs et le mouvement associatif (octobre 2004). Le second était dédié à la communauté scientifique (avril 2005). Ce troisième workshop est consacré à la dimension économique et sociale des changements climatiques en Algérie.

      Le workshop a été inauguré conjointement par M. Rachid Bessaoud, Président de l’ARCE et M. Mohamed Bachir Ghanem, Directeur du Patrimoine Énergétique et Minier, représentant le Ministre de l’Énergie et des Mines (Alger).

Justification du Workshop

  • Le changement climatique global constitue un événement planétaire majeur. Cette question pose en fait un double problème : l’adaptation aux impacts des changements climatiques d’une part et la nécessité d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique. Cette double exigence se trouve ainsi profondément imbriquée dans les choix de développement économique et social. Elle constitue une équation particulièrement difficile pour les pays en développement. Pour l’Algérie, cette question est particulièrement cruciale si l’on tient compte de la grande vulnérabilité aux aléas du climat en raison de l’aridité naturelle du territoire et des risques d’aggravation de problèmes tels que la désertification ou la perte de biodiversité. Les phénomènes extrêmes tels que les inondations ou les vagues de chaleur seront-ils plus fréquents à l’avenir? Comment seront affectées des secteurs sensibles tels que les ressources en eau, la santé ou l’énergie en Algérie? Le monde économique et social doit intégrer cette dimension dans son action immédiate et sa prospective. L’exercice est complexe en raison de la diversité des acteurs et de leurs intérêts spécifiques.

  • Malgré les tensions qui ont prévalu lors des négociations internationales sur le changement climatique, des opportunités nouvelles sont offertes tant par la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques que le Protocole de Kyoto qui en a découlé. Les modalités pratiques du Mécanisme de Développement Propre méritent d’être suffisamment explicitées pour permettre aux opérateurs économiques publics et privés d’en tirer un réel bénéfice. Ces actions doivent être menées dans le cadre d’une véritable stratégie concertée qui concilie la nécessité de protéger les secteurs et populations vulnérables et le développement de projets économiquement viables dans ce domaine. Plusieurs exemples de projets intégrés voient le jour dans le monde : promotion des énergies renouvelables, récupération du méthane des décharges publiques, amélioration de l’efficacité énergétique des industries, reboisement destiné à augmenter la séquestration du carbone.

  • Il s’agit en définitive de créer une véritable synergie qui replace l’exigence du développement au centre des stratégies et actions envisagées. Une telle démarche suppose tout à la fois une responsabilisation des acteurs et un véritable renforcement de leurs capacités. Le présent workshop s’inscrit dans cette perspective.

Objectifs du workshop

  • Présenter les éléments de base relatifs à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (objet de la convention, enjeux, suivi des négociations internationales)

  • Présenter le Protocole de Kyoto et les mécanismes de financement qu’il offre, notamment le Mécanisme de Développement Propre (MDP)

  • Présenter le Cycle d’un Projet MDP (partie pratique)

  • Expériences internationales en matière de montage de projets MDP

  • Évaluer les idées et gisements de projets en Algérie

  • Analyser le rôle des acteurs (décideurs, élus, opérateurs économiques)

  • Évaluer les besoins en formation et renforcement de capacités

Outputs

Un débat général a été organisé en session finale du workshop. Il a été sanctionné par un ensemble de recommandations adoptées par les participants (texte en annexe).

Programme
 
Complexe « Les Pins d’Or », route de Cap Falcon,
Ain El Turk (corniche d’Oran)

Mardi 28 juin 2005

9h30 – 13h15 • Problématique et enjeux des changements climatiques (Mohamed Senouci)
• Gaz a effet de serre et changements climatiques en Algérie (Rachid Bessaoud)
• Contribution de l’Observatoire à l’étude des impacts des changements
   climatiques en Algérie (collectif M.Hassani, M.Tabet-Aoul, L.Houti, S.Sahabi)
14h30 – 17h00 • Le Mécanisme de Développement Propre (MDP) : présentation et cycle de
   projet (R. Bessaoud)
• Le marché de carbone (M. Senouci)

Mercredi 29 juin 2005

9h30 – 13h15 • Expérience algérienne en matière de MDP (M. Senouci)
• Filière et Gisement de projet (Sonatrach, APRUE, NEAL)
14h30 – 16h30 Débat général
• Rôle des acteurs
• Mécanismes institutionnels
• Mécanismes de financement
• Stratégie
17h00-18h00 Synthèse générale et clôture

Synthèse & Recommandations

      Par les conséquences déjà observées et les menaces qui se profilent pour l’avenir, la question des changements climatiques est devenue une préoccupation majeure. Au delà de la dimension environnementale planétaire, cette question renferme toute la complexité du développement durable. Dans sa réponse, la communauté internationale s’est engagée dans un processus marqué par la ratification de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques et, récemment, du Protocole de Kyoto. L’intensité des négociations internationales sur le climat témoigne de l’ampleur des enjeux mis en cause. En effet, la question des gaz à effet de serre établit un lien clair entre le changement climatique et le développement, à travers les politiques énergétiques et les modes de consommation. Par sa situation, l’Algérie subira des impacts sévères sur des écosystèmes et des ressources déjà fragiles. Le risque est grand de voir s’aggraver les phénomènes de désertification et de perte de biodiversité. Un tel risque nécessite une véritable mobilisation de tous les acteurs nationaux à travers une prise de conscience à tous les niveaux, l’élaboration d’une stratégie de parade et la mise en œuvre des actions concertées qui doivent en découler.

      Les participants au workshop organisé les 28 et 29 juin à Oran par l’ARCE, à travers son Observatoire des changements climatiques, ont pris la mesure d’une telle exigence. Représentant divers secteurs et institutions, dont l’énergie, les ressources en eau, les milieux steppiques et l’agriculture, l’Agence Spatiale Algérienne et l’environnement, ont animé un débat fructueux sur la dimension économique et sociale des changements climatiques en Algérie. Le workshop a abordé les aspects liés aux enjeux stratégiques du Protocole de Kyoto et aux mécanismes de flexibilité qui en dérivent. A ce titre, l’accent a été mis sur le mécanisme de développement propre (MDP), ses modalités de mise en œuvre ainsi que l’expérience dans ce domaine.

      Les participants formulent les principales recommandations suivantes :

  1. Établir un lien clair entre l’exigence de lutte contre le réchauffement climatique et les questions de développement durable ;

  2. Promouvoir de façon urgente le dispositif institutionnel nécessaire pour l’accès au marché du carbone. Une attention prioritaire doit être accordée à l’Autorité Nationale Désignée ou à tout autre organe intérimaire ;

  3. Accroître le degré de coordination et d’échanges entre les acteurs et les institutions concernés par des thèmes communs, notamment dans le domaine de l’énergie ;

  4. Œuvrer dans l’esprit du renforcement des synergies entre les conventions environnementales par l’élaboration de projets qui permettent de lutter efficacement contre les impacts des changements climatiques tout en encourageant des actions de développement concret, notamment dans les régions steppiques ;

  5. Encourager les actions concertées entre les sphères concernées (décideurs, acteurs de développement, société civile, scientifiques, élus, médias) de façon à converger vers des approches consensuelles ;

  6. Renforcer la capacité des acteurs de développement dans les domaines du montage et de la maîtrise des projets MDP et de la négociation ;

  7. Encourager l’Observatoire des Changements Climatiques dans sa mission d’échanges, de concertation et d’expertise dans ce domaine.

       

Conçu par Bachir Belbachir

 

Accréditée auprès du Secrétariat de la Convention Cadre sur les Changements Climatiques (UNFCCC)
et du Fonds Mondial pour l’Environnement (GEF)